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June 15 "Post-sionisme" ou la fin des consensusARTICLES Par Ilan GREILSAMMER ...Pour comprendre la problématique du conflit ‘religieux et laïcs’, il faut retourner aux origines d’Israël, au 19e siècle, lorsque le sionisme politique s’est développé. Il est un fait, qu’il faut toujours rappeler, que l’attitude générale du monde rabbinique et religieux a été dans l’ensemble extrêmement hostile au projet sioniste. Il ne faut pas refaire l’histoire, comme le font certains. Le monde des rabbins, des sages de la torah, qu’il s’agisse des admorim hassidiques ou du courant qu’il lui avait été opposé le courant des mitnagdim, des lithuaniens, ce monde de la torah et des grandes yeshivot, ce monde qui représentait l’essentiel du monde religieux, a vu d’une façon (et le mot négatif n’est pas assez fort) hostile la naissance du sionisme. Les raisons sont de trois ordres : Il y a eu donc une violente hostilité, qui par la suite se concrétisera politiquement dans le mouvement ‘Agudat Israel’, dont on ne rappellera jamais assez qu’il a luté contre le sionisme partout, bien avant la Shoa, en Pologne et dans d’autres endroits. Jusqu’à la création de l’état d’Israël, une collaboration naquit entre laïcs et religieux. Coopération qui durera, avec le fameux statuquo sur les questions religieuses de l’état, tant que les religieux resteront comme ils l’étaient jusqu'à sa création, en dehors des activités publiques de l’état d’Israël et du gouvernement, dans leurs ghettos. ‘Statuquo’ qui laissera penser bien sûr que rien ne reste figé, mais qui ne gênait pas non plus, dans un premier temps, le fonctionnement habituel et normal de cet état moderne. Le drame très profond de l’état d’Israël, et c’est une tragédie, est qu’à un certain moment, que l’on peut dater après la guerre des 6 jours, la situation volera rapidement en éclat. En effet, d’une génération de laïcs aux connaissances encyclopédiques, a succédé une génération de jeunes israéliens laïcs qui, en grande partie en raison du système dans lequel ils ont été éduqué, n’ont plus de connaissances juives. Pire… ils ne savent rien ! et de façon presque terrifiante qui nous laisse pantois. En même temps, ils ont développés une détestation à l’égard des sujets juifs et de la bible. Des laïcs pour qui il n’y a que le cosmopolitisme, l’imitation de ce qui se passe en dehors d’Israël, qui compte. Et cette volonté de faire de la Medinat Israël une société strictement à l’image des autres sociétés occidentales. Toutes ces idées d’« état de tous ses citoyens », d’un état qui n’a finalement pas besoin de ces caractéristiques qui sont le ‘Maguen David’ sur son drapeau, son hymne l’Hatikva, et qui finalement devrait reléguer ces vieilleries, comme la cacherout collective ou le respect du shabbat, au chapitre du moyen âge. C’est cette évolution qui scinde la société israélienne de plus en plus, et c’est ce terrible danger qui guète l’avenir d’Israël. Extrait de la conférence "Le projet sioniste au coeur du conflit religieux / laïque" - Ilan Greilsammer, Professeur de Sciences politiques à l'Université Bar-Ilan. Entre rupture et continuité, le choix impossible du SionismeARTICLES Par Nicolas ZOMERSZTAJN ......A cette dialectique de la normalité et de la révolution, se superpose celle de la continuité et de la rupture avec le passé juif. A l’instar des nombreux mouvements nationaux apparus dans le courant du XIXe siècle, le sionisme s’interroge longuement sur sa place dans l’histoire de son peuple. En dépit de la rupture radicale avec les siècles de vie juive en diaspora qu’il préconise vivement, le sionisme saisit très tôt les problèmes qu’un tel processus peut engendrer s’il est mené à la lettre. En effet, ne ruine-t-il pas sa légitimité historique à l’égard des Juifs s’il rompt complètement avec le judaïsme et le passé juif ? Cette interrogation ne cessera d’accompagner la réflexion des théoriciens du sionisme et alimentera de nombreux débats animés au sein de ce mouvement. C’est la raison pour laquelle, à l’exception notoire de Théodore Herzl, fondateur du sionisme politique, aucun sioniste ne fera table rase du passé. Pour ce journaliste et critique littéraire juif viennois d’origine hongroise, l’influence du libéralisme philosophique et politique est déterminante. Pour ce Juif assimilé, le problème se situe essentiellement dans les relations qu’entretiennent les Juifs avec les sociétés environnantes. La crise interne que traverse le peuple juif et les défis de la modernité auquel il est confronté ne préoccupent pas Herzl. Selon lui, les Juifs sont confrontés à une situation d’urgence pour leur survie en raison de l’échec de l’émancipation due à l’apparition d’un antisémitisme virulent tant en Europe orientale qu’en Europe occidentale. Ils doivent donc se constituer en nation et fonder leur propre Etat où leur existence sera pleinement garantie. L’Etat auquel il fait allusion correspond évidemment aux canons du libéralisme politique très en vogue dans les cercles intellectuels viennois : un Etat moderne où toute référence aux traditions religieuses sera soigneusement évacuée. C’est la raison pour laquelle il prend bien soin d’intituler son livre faisant office de programme politique l’Etat des Juifs (Der Judenstaat) et non pas l’Etat juif (Der Jüdischerstaat). Herzl envisage donc une rupture radicale avec le passé traditionnel juif avec lequel il ne cherche pas à établir le moindre lien avec son projet politique. Extrait de "Entre rupture et continuité, le choix impossible du sionisme" - Etude 2005 |
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